
Phénomène de santé mentale des maires : les chiffres
La santé mentale des maires est un phénomène qui part et qui revient, qui est tant tabou depuis plusieurs années. Oui, ce n’est pas un phénomène nouveau ; il y a quelques mois, en novembre 2024, une étude avait été faite par l’Association des Maires Français (AMF). Elle questionnait les maires sur leur santé physique et mentale notamment. Cette étude a démontré premièrement que plus de 80 % des maires s’étaient dits affectés et 38 % auraient envisagé de quitter leur poste. Cette enquête a été menée auprès de 5 000 maires.
Ce phénomène continue et seulement 42 % des maires souhaiteraient se représenter lors des prochaines élections municipales qui auront lieu en mars 2026, dans moins d’un an, tandis que 28 % d’entre eux ne souhaiteraient pas se représenter d’après une enquête de CEVIPOF.
Une étude parue en 2024 par l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF) affirme que 69,3% affichent une satisfaction en tant qu’élus, 31,40% des maires font face à un début d’épuisement et 3,5% seront confrontés à un risque sévère d’épuisement, soit environ 1200 maires. De plus, les femmes maires seraient exposées à un risque bien plus élevé que les autres.
Les récits :
De nombreux médias tels que Le Monde ou même RFI sont allés recueillir des témoignages de maires qui n’en peuvent plus, qui sont à bout. Par exemple, au micro de RFI, c’est le cas du maire de Chapelle-Saint-Rémy, une commune dans la Sarthe à côté du Mans, où Dominique Edon, maire de cette commune d’environ 1 000 habitants, déclare que ce n’est pas tout récent et que ses « problèmes » ont commencé par certains habitants qui l’appelaient pour des problèmes qu’il ne pouvait pas gérer. Comme la fois où un habitant l’avait appelé parce que le pollen de son voisin tombait sur son arbre ou ce genre de choses.
« Que voulez-vous que je fasse ? Je ne vais pas aller couper l’arbre » dit-il.
Il donna un exemple supplémentaire : il a dû annuler un projet avec des panneaux photovoltaïques au-dessus du terrain de pétanque parce qu’en été, cela pouvait permettre de réduire la température d’une dizaine de degrés, mais certains habitants ont dit « non » parce que, selon eux, leurs maisons allaient perdre de la valeur.
Le Monde a récupéré un témoignage du maire de Renazé en Mayenne qui auparavant cumulait son métier d’agriculteur et son mandat de maire. Celui qui durant 17 ans fut l’élu de cette ville a quitté ses fonctions de maire. Il avait continué alors qu’il avait fait un burn-out en 2018 lors de l’exercice de ses fonctions. Depuis 2020, le taux de démissions chez les maires n’a jamais cessé de croître.




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